Art. 16-11 Code civil

Identification par empreintes génétiques - Art. 16-11

L'identification par empreintes génétiques est réservée à des cadres précis (procédure judiciaire, médecine, décès) et requiert un consentement exprès.

Texte officiel Art. 16-11 Code civil — France

L'identification d'une personne par ses empreintes génétiques ne peut être recherchée que : 1° Dans le cadre de mesures d'enquête ou d'instruction diligentées lors d'une procédure judiciaire ; 2° A des fins médicales ou de recherche scientifique ; 3° Aux fins d'établir, lorsqu'elle est inconnue, l'identité de personnes décédées ; 4° Dans les conditions prévues à l' article L. 2381-1 du code de la défense ; 5° A des fins de lutte contre le dopage, dans les conditions prévues à l'article L. 232-12-2 du code du sport. En matière civile, cette identification ne peut être recherchée qu'en exécution d'une mesure d'instruction ordonnée par le juge saisi d'une action tendant soit à l'établissement ou la contestation d'un lien de filiation, soit à l'obtention ou la suppression de subsides. Le consentement de l'intéressé doit être préalablement et expressément recueilli. Sauf accord exprès de la personne manifesté de son vivant, aucune identification par empreintes génétiques ne peut être réalisée après sa mort. Lorsque l'identification est effectuée à des fins médicales ou de recherche scientifique, le consentement exprès de la personne doit être recueilli par écrit préalablement à la réalisation de l'identification, après qu'elle a été dûment informée de sa nature et de sa finalité. Le consentement mentionne la finalité de l'identification. Il est révocable sans forme et à tout moment. Lorsque la recherche d'identité mentionnée au 3° concerne soit un militaire décédé à l'occasion d'une opération conduite par les forces armées ou les formations rattachées, soit une victime de catastrophe naturelle, soit une personne faisant l'objet de recherches au titre de l' article 26 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité et dont la mort est supposée, des prélèvements destinés à recueillir les traces biologiques de cette personne peuvent être réalisés dans des lieux qu'elle est susceptible d'avoir habituellement fréquentés, avec l'accord du responsable des lieux ou, en cas de refus de celui-ci ou d'impossibilité de recueillir cet accord, avec l'autorisation du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire. Des prélèvements aux mêmes fins sur les ascendants, descendants ou collatéraux supposés de cette personne peuvent être également réalisés. Le consentement exprès de chaque personne concernée est alors recueilli par écrit préalablement à la réalisation du prélèvement, après que celle-ci a été dûment informée de la nature de ce prélèvement, de sa finalité ainsi que du caractère à tout moment révocable de son consentement. Le consentement mentionne la finalité du prélèvement et de l'identification. Les modalités de mise en œuvre des recherches d'identification mentionnées au 3° du présent article sont précisées par décret en Conseil d'Etat.

Texte en vigueur au .

Source : Légifrance — Direction de l'information légale et administrative (DILA) (legifrance.gouv.fr), reproduit sous licence Licence Ouverte / Open Licence 2.0.

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Ce que dit l'article, en clair

L'identification d'une personne par ses empreintes génétiques est strictement encadrée par la loi. Elle ne peut être effectuée que dans des cas énumérés : procédures judiciaires, fins médicales ou de recherche scientifique, identification de personnes décédées, lutte contre le dopage ou besoins de la défense nationale.

En matière civile, une telle analyse ne peut intervenir qu'en exécution d'une mesure d'instruction ordonnée par le juge saisi d'une action relative à la filiation ou à l'obtention ou suppression de subsides. Le consentement préalable et exprès de la personne est obligatoire. Après la mort d'un individu, aucune identification génétique ne peut être réalisée sans un accord exprès qu'il a manifesté de son vivant.

Lorsque la recherche génétique est effectuée à des fins médicales ou scientifiques, ou pour l'identification de certains disparus ou décédés, le consentement doit être donné par écrit après information complète. Il précise la finalité de la démarche et peut être révoqué sans forme et à tout moment.

Quand il s'applique

  • Un juge ordonne une expertise génétique dans le cadre d'une action judiciaire en recherche de paternité.
  • Un médecin propose un examen par empreintes génétiques dans un but médical avec l'accord écrit préalable du patient.
  • Des prélèvements sont effectués pour identifier le corps d'un militaire décédé en opération ou d'une victime de catastrophe naturelle.

Ce que cet article ne dit pas

  • Réaliser un test ADN acheté sur Internet pour des recherches généalogiques personnelles.
  • Faire procéder à une analyse génétique sur une personne décédée qui n'y avait pas expressément consenti de son vivant.
  • Imposer une analyse d'empreintes génétiques à un proche en dehors d'une décision du juge.

Voilà la loi. Réglons votre problème.

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