Art. 1733 Code civil

Locataire responsable incendie sauf exceptions - Art. 1733

Art. 1733 : le locataire répond de l'incendie sauf à prouver cas fortuit, force majeure, vice de construction ou feu communiqué d'une maison voisine.

Texte officiel Art. 1733 Code civil — France

Il répond de l'incendie, à moins qu'il ne prouve : Que l'incendie est arrivé par cas fortuit ou force majeure, ou par vice de construction. Ou que le feu a été communiqué par une maison voisine.

Texte en vigueur au .

Source : Légifrance — Direction de l'information légale et administrative (DILA) (legifrance.gouv.fr), reproduit sous licence Licence Ouverte / Open Licence 2.0.

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Ce que dit l'article, en clair

L'article 1733 pose une règle que peu de locataires connaissent avant d'en avoir besoin : « Il répond de l'incendie ». La responsabilité est présumée dès lors que le feu a pris dans les locaux loués, sans que le bailleur ait à prouver quoi que ce soit sur son origine ou sur une faute.

Le texte énumère ensuite, limitativement, ce qui permet au locataire de s'en dégager. Que l'incendie soit arrivé par cas fortuit ou force majeure. Qu'il provienne d'un vice de construction. Ou que le feu ait été communiqué par une maison voisine. Hors de ces trois causes, la présomption tient, et une origine simplement indéterminée ne suffit pas : c'est ce point qui décide la plupart des dossiers, car un incendie dont la cause reste inconnue reste à la charge du locataire.

Cette règle est l'exception au régime général : l'article 1242 prévoit que celui qui détient l'immeuble où le feu a pris naissance n'est responsable envers les tiers que si sa faute est prouvée, mais il ajoute expressément que cela ne s'applique pas aux rapports entre propriétaires et locataires, « qui demeurent régis par les articles 1733 et 1734 ». Deux régimes coexistent donc : contre les voisins, faute à prouver ; contre le bailleur, responsabilité présumée. C'est la raison pratique pour laquelle l'assurance des risques locatifs est exigée par tous les bailleurs et imposée au locataire pour les logements d'habitation. Après un sinistre, il faut déclarer sans délai et faire établir l'origine du feu par un expert, avec l'assistance d'un professionnel.

Quand il s'applique

  • Un incendie dans un logement loué dont l'origine reste indéterminée
  • Un feu parti d'une installation électrique ancienne appartenant à l'immeuble
  • Un incendie propagé depuis un logement ou un bâtiment voisin
  • Un sinistre survenu en l'absence du locataire
  • Un bailleur qui réclame la remise en état d'un local incendié

Ce que cet article ne dit pas

  • Il ne se limite pas aux incendies fautifs : la responsabilité est présumée, et une cause indéterminée reste à la charge du locataire.
  • Il ne règle pas les rapports avec les voisins et les tiers, pour lesquels l'article 1242 exige la preuve d'une faute.
  • Il ne dispense pas d'assurance : la couverture des risques locatifs est ce qui rend la règle supportable en pratique.
  • Il ne vise pas les dégâts des eaux ni les autres sinistres, qui relèvent de l'article 1732 et de son régime propre.

Exemples concrets

Situations inventées, écrites pour montrer comment le texte joue. Ce ne sont pas des affaires réelles, ni des décisions, ni des précédents : elles ne disent pas ce qu'il adviendrait de la vôtre.

Exemple illustratif

Un incendie se déclare dans un logement loué alors que le locataire est absent depuis plusieurs jours. L'enquête conclut à une origine indéterminée et le bailleur réclame la remise en état.

Comment le texte s'applique

La responsabilité du locataire est présumée, et le texte ne nomme que trois échappatoires : le cas fortuit ou la force majeure, le vice de construction, ou le feu communiqué par une maison voisine. Le fait qui décide est donc l'existence d'une cause établie parmi ces trois : une origine indéterminée reste à la charge du locataire, ce qui rend l'assurance des risques locatifs déterminante en pratique.

Comment les parties se sont entendues

L'assurance du locataire prend en charge la remise en état selon le rapport d'expertise, et le bailleur accepte la résiliation du bail sans préavis pour la période où le logement est inhabitable.

Exemple illustratif

Un feu part d'un tableau électrique ancien situé dans le palier commun et se propage au logement loué. Le bailleur se retourne néanmoins vers le locataire.

Comment le texte s'applique

Le vice de construction est l'une des trois causes d'exonération nommées par le texte. Le fait qui tranche est la localisation de l'installation en cause : un tableau relevant des parties communes ou une installation vétuste du bâti ne sont pas dans la jouissance du locataire. Vis-à-vis des tiers et des voisins, en revanche, la discussion se déplace vers l'article 1242, qui exige la preuve d'une faute.

Comment les parties se sont entendues

Le bailleur fait mettre l'installation en conformité avant toute relocation et prend en charge le relogement du locataire pendant les travaux ; les assureurs règlent entre eux.

Voilà la loi. Réglons votre problème.

Racontez ce qui se passe. Un médiateur neutre entend votre version et celle de l'autre partie, et vous conduit tous les deux à un accord écrit. Dans les réglages avancés, vous pouvez demander que la décision soit motivée sur le Code civil français.

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