L'article 2224 est le délai de droit commun, et celui qui fait perdre le plus de dossiers sans qu'on ait jamais discuté le fond. Les actions personnelles ou mobilières — réclamer une somme prêtée, une facture impayée, la restitution d'un dépôt de garantie, des dommages-intérêts, le remboursement d'un paiement indu — se prescrivent par cinq ans.
Le point de départ n'est pas la date des faits. Le texte le fixe « du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ». C'est une formule glissante et c'est voulu : un vice qui n'apparaît que des années plus tard, un détournement découvert tardivement, une dette dont on ignorait l'existence, ne font pas courir le délai avant leur découverte. Mais le « ou aurait dû connaître » ferme la porte à celui qui a choisi de ne pas regarder.
Cinq ans n'est pas un délai universel. Le Code et les lois spéciales en prévoient beaucoup d'autres, plus courts ou plus longs, et ce sont eux qui s'appliquent dans leur domaine : deux ans pour l'action en garantie des vices cachés à compter de la découverte, dix ans après réception pour la garantie décennale, trente ans pour l'action réelle immobilière, sans compter les délais propres au droit de la consommation, au bail d'habitation ou au droit du travail. Le délai peut par ailleurs être interrompu ou suspendu par certains actes. Vérifier quel délai court, depuis quand, et ce qui l'a éventuellement interrompu est la première chose à faire vérifier par un professionnel : c'est l'erreur la plus coûteuse et la plus fréquente.