Art. 885 Code civil

Indemnisation du cohéritier évincé : Art. 885

Chaque cohéritier doit indemniser le cohéritier évincé à hauteur de sa part. Évaluée au jour de l'éviction, cette dette est partagée si l'un est insolvable.

Texte officiel Art. 885 Code civil — France

Chacun des cohéritiers est personnellement obligé, à proportion de son émolument, d'indemniser le cohéritier évincé de la perte qu'il a subie, évaluée au jour de l'éviction. Si l'un des cohéritiers se trouve insolvable, la portion dont il est tenu doit être également répartie entre le garanti et tous les cohéritiers solvables.

Texte en vigueur au .

Source : Légifrance — Direction de l'information légale et administrative (DILA) (legifrance.gouv.fr), reproduit sous licence Licence Ouverte / Open Licence 2.0.

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Ce que dit l'article, en clair

Après le partage d'une succession, si un héritier perd la possession ou la propriété d'un bien attribué dans son lot parce qu'un tiers en était le véritable propriétaire, on parle d'éviction. Cet article impose aux autres cohéritiers d'indemniser l'héritier ainsi dépouillé.

Chaque cohéritier contribue à cette indemnité proportionnellement à la part qu'il a reçue dans l'héritage (son émolument). La valeur du bien perdu n'est pas estimée au jour du décès ni au jour du partage, mais à la date où l'éviction se produit effectivement.

Si l'un des cohéritiers se trouve dans l'impossibilité financière de payer sa part, sa dette n'est pas effacée. La charge de son insolvabilité est répartie à parts égales entre le cohéritier évincé et l'ensemble des autres cohéritiers solvables.

Quand il s'applique

  • Un héritier reçoit une parcelle de terrain lors du partage, mais un voisin prouve plus tard en justice qu'il en est le propriétaire légitime.
  • Un tableau attribué à un héritier est revendiqué puis récupéré par un musée en vertu d'un titre de propriété antérieur au décès.
  • Un immeuble attribué à un cohéritier fait l'objet d'une saisie par un créancier dont le droit sur le bien n'avait pas été révélé lors du partage.

Ce que cet article ne dit pas

  • Le délai limite pour engager l'action en garantie après l'éviction, qui fait l'objet d'une règle spécifique.
  • L'annulation complète du partage pour vice du consentement comme la tromperie ou la violence.
  • L'oubli d'un bien indivis lors des opérations de partage, qui nécessite seulement un partage complémentaire.

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