L'article 778 sanctionne le recel successoral, c'est-à-dire la dissimulation destinée à rompre l'égalité du partage. La sanction est l'une des plus sévères du Code civil, et elle est double.
D'abord, l'héritier qui a recelé « est réputé accepter purement et simplement la succession, nonobstant toute renonciation ou acceptation à concurrence de l'actif net ». Il perd donc le bénéfice de toute limitation de responsabilité : il répond des dettes sur son propre patrimoine, même s'il avait renoncé. Ensuite, il ne peut « prétendre à aucune part dans les biens ou les droits détournés ou recelés ». Il ne restitue pas seulement : il rapporte le bien à la masse et n'en reçoit rien, sa part revenant aux autres. Le tout « sans préjudice de dommages et intérêts ».
Le texte vise deux comportements. Receler des biens ou des droits : vider un logement avant l'inventaire, garder des sommes, ne pas déclarer un compte, taire une donation. Et dissimuler l'existence d'un cohéritier : le texte précise alors que les droits revenant à l'héritier dissimulé, qui ont augmenté ceux de l'auteur de la dissimulation, sont réputés recelés par ce dernier. Deux alinéas complètent la sanction : lorsque le recel a porté sur une donation rapportable ou réductible, l'héritier doit le rapport ou la réduction sans pouvoir y prétendre à aucune part ; et il est tenu de rendre tous les fruits et revenus produits par les biens recelés depuis l'ouverture de la succession.
Une condition n'est pas écrite mais commande tout : l'intention frauduleuse. Une omission de bonne foi, spontanément corrigée, n'est pas un recel. Établir cette intention suppose des faits datés, et se prépare avec un notaire ou un avocat.