L'article 785 énonce la conséquence que beaucoup d'héritiers découvrent trop tard : celui qui accepte purement et simplement la succession « répond indéfiniment des dettes et charges qui en dépendent ». Indéfiniment veut dire au-delà de ce qu'il reçoit : si le passif dépasse l'actif, la différence est payée sur son propre patrimoine.
C'est pourquoi l'option successorale de l'article 768 mérite d'être exercée en connaissance de cause. Trois voies existent : accepter purement et simplement, renoncer, ou accepter à concurrence de l'actif net, cette dernière permettant de recueillir la succession sans jamais payer au-delà de ce qu'elle contient. L'acceptation pure et simple peut résulter d'une déclaration, mais aussi d'actes qui la révèlent — disposer d'un bien, encaisser des sommes, vendre un véhicule —, et c'est le piège le plus courant : on accepte sans le vouloir en réglant des affaires courantes.
La seconde phrase apporte un tempérament utile : l'héritier n'est tenu des legs de sommes d'argent « qu'à concurrence de l'actif successoral net des dettes ». Autrement dit, la responsabilité illimitée porte sur les dettes du défunt, non sur les legs en argent que le testament prévoit, lesquels sont plafonnés par ce qui reste.
Deux points pratiques : l'héritier acceptant peut, dans des conditions strictes et dans un délai, demander à être déchargé d'une dette qu'il avait des motifs légitimes d'ignorer ; et l'inventaire, avant toute décision, est ce qui permet de choisir en connaissance de cause. Rien de tout cela ne s'improvise sans notaire.