Art. 1171 Code civil

Déséquilibre significatif : clause non écrite (Art. 1171)

Selon l'Art. 1171 du Code civil, la clause non négociable créant un déséquilibre significatif dans un contrat d'adhésion est réputée non écrite.

Texte officiel Art. 1171 Code civil — France

Dans un contrat d'adhésion, toute clause non négociable, déterminée à l'avance par l'une des parties, qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat est réputée non écrite. L'appréciation du déséquilibre significatif ne porte ni sur l'objet principal du contrat ni sur l'adéquation du prix à la prestation.

Texte en vigueur au .

Source : Légifrance — Direction de l'information légale et administrative (DILA) (legifrance.gouv.fr), reproduit sous licence Licence Ouverte / Open Licence 2.0.

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Ce que dit l'article, en clair

L'article 1171 vise les contrats que l'on ne discute pas : ceux dont les conditions générales sont rédigées à l'avance par une partie et que l'autre ne peut qu'accepter en bloc. Dans un tel contrat d'adhésion, « toute clause non négociable, déterminée à l'avance par l'une des parties, qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties » est réputée non écrite.

La sanction est particulière et il faut la comprendre : la clause est réputée non écrite, pas le contrat annulé. Le reste continue de s'appliquer, la clause disparaît, et l'on raisonne comme si elle n'avait jamais existé. C'est une sanction que le juge peut relever et qui ne suppose ni faute ni préjudice, seulement le déséquilibre significatif.

Le second alinéa pose la limite décisive : « L'appréciation du déséquilibre significatif ne porte ni sur l'objet principal du contrat ni sur l'adéquation du prix à la prestation. » Autrement dit, on ne peut pas se servir de cet article pour dire que l'on a payé trop cher ou que la prestation ne valait pas ce prix. Le déséquilibre s'apprécie sur les droits et obligations accessoires : résiliation unilatérale réservée à une seule partie, pénalités asymétriques, limitation de responsabilité, délais déraisonnables, preuve mise à la charge de l'autre. Deux conditions sont donc à établir avant tout : que le contrat soit d'adhésion et que la clause n'ait pas été négociable. Ce constat, et le choix entre cet article et les régimes voisins, se fait avec un professionnel.

Quand il s'applique

  • Des conditions générales imposées sans possibilité de discuter la moindre ligne
  • Une clause qui permet à une seule partie de résilier ou de modifier le contrat
  • Une pénalité prévue contre le client sans contrepartie symétrique
  • Une clause qui exonère largement le professionnel de toute responsabilité
  • Une clause qui impose des formalités de réclamation quasi impossibles à respecter

Ce que cet article ne dit pas

  • Il ne permet pas de contester le prix. Le texte exclut l'adéquation du prix à la prestation et l'objet principal du contrat.
  • Il ne s'applique pas aux contrats réellement négociés : hors contrat d'adhésion, la clause échappe à ce texte.
  • Il n'annule pas le contrat. La clause est réputée non écrite, le reste survit.
  • Il ne remplace pas le droit de la consommation ni celui des pratiques restrictives, qui ont leurs propres listes de clauses abusives et sont souvent plus favorables.

Exemples concrets

Situations inventées, écrites pour montrer comment le texte joue. Ce ne sont pas des affaires réelles, ni des décisions, ni des précédents : elles ne disent pas ce qu'il adviendrait de la vôtre.

Exemple illustratif

Un artisan indépendant souscrit un abonnement à une plateforme de mise en relation. Les conditions générales, identiques pour tous, permettent à la plateforme de suspendre un compte sans préavis ni motif, alors que l'artisan, lui, doit respecter un préavis de trois mois pour résilier.

Comment le texte s'applique

Le contrôle porte sur l'asymétrie des droits et des obligations, jamais sur le prix ni sur l'objet principal du contrat. Deux faits décident ici : la clause était-elle réellement non négociable et déterminée à l'avance, ce qui caractérise le contrat d'adhésion ; et le déséquilibre porte-t-il sur autre chose que le tarif de l'abonnement. Une faculté de rupture immédiate d'un côté et un préavis long de l'autre relèvent bien de ce contrôle.

Comment les parties se sont entendues

Les deux alignent les préavis à quinze jours de part et d'autre et inscrivent une obligation de motiver toute suspension, l'abonnement se poursuivant sinon aux conditions tarifaires initiales.

Exemple illustratif

Un particulier loue un box de stockage. Les conditions générales imposent d'adresser toute réclamation dans les quarante-huit heures, par lettre recommandée, au moyen d'un formulaire disponible uniquement à l'accueil aux heures ouvrées.

Comment le texte s'applique

Une clause peut créer un déséquilibre significatif sans rien contenir d'illicite, par le seul fait de rendre un droit très difficile à exercer. Le fait qui décide est l'accessibilité réelle du formulaire et la brièveté du délai, rapportées au temps qu'il faut normalement pour constater un dommage dans un box fermé et rarement ouvert.

Comment les parties se sont entendues

L'exploitant accepte les réclamations par courriel dans un délai de quinze jours et rembourse la part d'abonnement correspondant à la période où le box était inutilisable.

Voilà la loi. Réglons votre problème.

Racontez ce qui se passe. Un médiateur neutre entend votre version et celle de l'autre partie, et vous conduit tous les deux à un accord écrit. Dans les réglages avancés, vous pouvez demander que la décision soit motivée sur le Code civil français.

C'est avec

Ou bien ouvrez directement une session et invitez l'autre partie.

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