L'article 1902 énonce l'obligation de l'emprunteur dans le prêt de consommation, celui qui porte sur de l'argent ou sur des choses qui se consomment par l'usage : rendre « les choses prêtées, en même quantité et qualité, et au terme convenu ». C'est le texte de base du prêt entre particuliers, celui qu'on invoque quand un ami, un frère ou un collègue ne rembourse pas.
Trois éléments s'y lisent. L'obligation de restitution est certaine et ne dépend d'aucune formalité. Elle porte sur la même quantité et la même qualité, non sur la chose elle-même — l'emprunteur d'une somme devient propriétaire des billets et rend une somme équivalente. Et elle est due « au terme convenu », ce qui suppose qu'un terme ait été fixé ; quand rien n'a été prévu, le prêteur ne peut pas exiger la restitution immédiate à sa guise, et le juge peut fixer un délai au vu des circonstances.
La difficulté de ces dossiers n'est presque jamais le droit, c'est la preuve. Il faut établir qu'il s'agissait d'un prêt et non d'un don, ce que les proches ne formalisent quasiment jamais. Au-delà d'un montant fixé par décret, l'acte juridique doit en principe être prouvé par écrit, et une reconnaissance de dette, même manuscrite, change tout ; à défaut, virements, messages, échanges et commencement de preuve par écrit peuvent être utilisés. Le second obstacle est le temps : l'action se prescrit par cinq ans selon l'article 2224, à compter du jour où l'on a connu les faits permettant d'agir, ce qui, pour un prêt à terme, se compte normalement depuis l'échéance. Réclamer par écrit, en gardant trace, est le premier réflexe ; la stratégie se décide avec un professionnel.