Art. 1219 Code civil

Refus d'exécution si inexécution grave — Art. 1219

Selon l'art. 1219, une partie peut refuser d'exécuter son obligation si l'autre partie n'exécute pas la sienne et que l'inexécution est suffisamment grave.

Texte officiel Art. 1219 Code civil — France

Une partie peut refuser d'exécuter son obligation, alors même que celle-ci est exigible, si l'autre n'exécute pas la sienne et si cette inexécution est suffisamment grave.

Texte en vigueur au .

Source : Légifrance — Direction de l'information légale et administrative (DILA) (legifrance.gouv.fr), reproduit sous licence Licence Ouverte / Open Licence 2.0.

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Ce que dit l'article, en clair

L'article 1219 consacre l'exception d'inexécution, ce réflexe très répandu qui consiste à cesser de payer tant que l'autre ne fait pas sa part. Le texte l'autorise, mais à une condition qu'il faut lire deux fois : l'inexécution de l'autre doit être « suffisamment grave ».

Le mécanisme est puissant parce qu'il ne suppose ni juge ni autorisation préalable. Il est aussi dangereux pour la même raison : celui qui suspend se trompe seul, à ses risques. Si le manquement invoqué n'était pas suffisamment grave, celui qui a cessé d'exécuter devient à son tour le débiteur défaillant, et s'expose à la résolution du contrat à ses torts et à des dommages-intérêts. C'est le piège classique du locataire qui arrête de payer son loyer parce qu'un désordre n'est pas réparé, ou du client qui bloque le solde pour une finition imparfaite.

Le texte précise que la suspension est possible « alors même que l'obligation est exigible » : il ne s'agit pas d'un simple report d'échéance, mais bien d'un refus d'exécuter tant que dure l'inexécution de l'autre. La suspension est par nature temporaire et proportionnée : elle cesse quand l'autre exécute, et elle ne dispense pas du reste. En pratique, il vaut mieux mettre en demeure, écrire ce que l'on suspend et pourquoi, et consigner plutôt que garder ; l'appréciation de la gravité étant l'enjeu du dossier, elle se prépare avec un professionnel.

Quand il s'applique

  • Un client qui bloque le solde d'un chantier tant que les malfaçons ne sont pas reprises
  • Un locataire tenté de cesser de payer le loyer parce que le logement n'est pas entretenu
  • Un acheteur qui refuse de payer tant que la chose n'est pas livrée conforme
  • Un prestataire qui interrompt sa mission faute de règlement des échéances précédentes
  • Un fournisseur qui suspend les livraisons devant des impayés répétés

Ce que cet article ne dit pas

  • Il n'autorise pas à suspendre pour un manquement mineur. Une inexécution insuffisamment grave transforme celui qui suspend en débiteur défaillant.
  • Il ne permet pas de garder définitivement les sommes : la suspension est provisoire et cesse quand l'autre exécute.
  • Il ne s'applique pas quand une clause du contrat écarte ou encadre cette faculté, sous réserve du contrôle des clauses.
  • En matière de bail d'habitation, l'arrêt du loyer est particulièrement risqué : la loi du 6 juillet 1989 encadre la matière et le juge apprécie strictement.

Exemples concrets

Situations inventées, écrites pour montrer comment le texte joue. Ce ne sont pas des affaires réelles, ni des décisions, ni des précédents : elles ne disent pas ce qu'il adviendrait de la vôtre.

Exemple illustratif

Un client fait poser un parquet. À la livraison, trois lames gondolent et une plinthe manque. Il décide de bloquer la totalité du solde, soit trente pour cent du prix, jusqu'à reprise complète.

Comment le texte s'applique

Suspendre son paiement est permis, mais seulement si l'inexécution de l'autre est suffisamment grave. Le fait décisif est la proportion entre ce qui reste à corriger et ce qui est retenu : retenir tout le solde pour des reprises limitées expose celui qui suspend à devenir lui-même le débiteur défaillant, et à en supporter les conséquences.

Comment les parties se sont entendues

Le client règle le solde diminué d'une retenue égale au coût estimé des reprises ; cette retenue est versée dès que la fin des travaux est constatée par écrit.

Exemple illustratif

La chaudière d'un logement loué est hors service depuis six semaines en plein hiver. Le locataire, qui a relancé plusieurs fois, envisage de cesser de payer le loyer jusqu'au remplacement.

Comment le texte s'applique

L'article 1219 existe, mais son application au bail d'habitation est étroitement encadrée et l'arrêt du loyer est ce qui expose le plus. Le fait qui compte est ce qui a été fait avant : signalements écrits datés, mise en demeure, constat éventuel. Sans ces éléments, la suspension se lit comme un impayé plutôt que comme l'exercice du texte.

Comment les parties se sont entendues

Le bailleur s'engage par écrit sur une date de remplacement et consent une réduction de loyer pour les semaines sans chauffage ; le locataire reprend le paiement intégral au rétablissement.

Voilà la loi. Réglons votre problème.

Racontez ce qui se passe. Un médiateur neutre entend votre version et celle de l'autre partie, et vous conduit tous les deux à un accord écrit. Dans les réglages avancés, vous pouvez demander que la décision soit motivée sur le Code civil français.

C'est avec

Ou bien ouvrez directement une session et invitez l'autre partie.

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Cette page reproduit le texte de l'article 1219 du Code civil en vigueur à la date indiquée et en explique la portée en termes généraux. Ce n'est pas une consultation juridique et cela ne tient pas compte des circonstances de votre affaire, qui peuvent changer complètement la réponse. Pour un litige en cours, pour les délais de prescription et avant toute action en justice, consultez un avocat.

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